J´ai du mal à me souvenir comment je suis sortie de Moscou, il devait être tôt... Ah si voilà, assez pressée car mon visa expirait à minuit et que pour arriver à la frontière ukrainienne il y avait 600 km soit probablement 18h en auto-stop...
Alors je n´ai pas trainé mais là, en écrivant, pas moyen de me souvenir des premiers kilomètres hors de Moscou. C´est fou la mémoire. Je me souviens de certains de ceux qui ce jour là m´ont fait faire quelques kilomètres, un bouriate, un afghan, un russe roulant vite sous la pluie… Puis un petit vieux avec sa Traban qui me déposa dans un hôtel après la frontière d´Ukraine aux alentours de 22h00. Tard pour une jeune fille, je vous l´accorde. Le lendemain après 45 min d´attente un camionneur, Alexander, s´arrête. Il va à Triestre en Italie ! Ouahhhhhh. Et me voilà donc partie pour 4 jours avec lui et son collègue Nicolaï qui le suit en poids lourd jaune flashy. Ces deux là sont d´une gentillesse sans mot. Alexander ne parle pas beaucoup anglais mais apprend avec une clef USB sur son poste radio. Nicolaï nous cuisine des patates à toute les sauces. Et les restos de routiers n´ont plus de secret pour moi. La nuit chacun sa couchette et pendant la journée musique et sourire pour dévorer la route devant nous. A la douane entre l´Ukraine et la Pologne nous passons plus de 8 heures à l´arrêt. Puis, un détail, sur une route d´Ukraine la radio joue la marseillaise. Mes deux camionneurs me laissent avant de bifurquer pour Trieste. De là j´attends pas mal de temps, monte dans pas mal de voitures pour enfin terminer dans de camion de Joao qui me déposa à la sortie de l´autoroute. C´est alors que Mohamed un jeune algérien diplômé en sciences éco me prend dans sa camionnette. Il vient de monter son entreprise de peinture. Il est extra. Me dit : « vous n´avez pas de drogue ni n´allez me chercher des problèmes ? »Je dis : « non ».
Et nous y allons.
Et si la vie c´était cela… Lever le pouce, dire bonjour, sourire et y aller.
Je crois en cette vie riche d´humanité. Pas besoin de Dieu, de plan retraite, ni d´assurance, ni de sécu pour faire de sa vie un chemin, son chemin. Juste croire en soi et parfois en l´autre. Alors, je suis là. Mais en itinérance car rien n´est plus stable que le changement si l´on reste soi-même à chaque étape du voyage.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Voici la marche à suivre :
1) Ecrivez votre texte dans le formulaire de saisie ci-dessous
2) À côté de Commentaire, choisissez l´optionNom/URL
3) Saisir votre prénom ainsi que l´initiale de votre nom (ou pseudo) après l'intitulé Nom
4) Cliquer sur Publier commentaire
Merci pour votre message!