Lors de mon passage à Ljubjana on m´avait montré des photos du lac de Bled et du lac de Bohinj aux pieds des montagnes, j´avais alors décidé de revenir tellement cela semblait beau. Et beau est un petit mot, c´est un paradis sur terre...
Je reste à Bled quelques jours histoire de me poser et préparer MA sortie en montagne ou « trek » ça la pète plus ! Bon, que je précise la montagne je connais l´hiver au ski mais pour ce qui est de marcher et gravir les montagnes en été je suis une bille, je n´y connais rien, nada, chi. A tel point que mon ignorance est mon principal ennemi. Je dois alors faire appel à Arnaud, un ami boy scout qui sait tout sur la survie. Ce qui est marrant c´est qu´Arnaud a toujours était le petit du groupe mais qu´il est maintenant devenu un homme grand et fort qui a fait en solitaire l´Amérique du Sud. Arnaud me donne donc par e-mails des conseils basiques, m´envoie sa carte avec son itinéraire de fou lors de son passage dans ces montagnes. Sur une carte au 1/50.000 il me dit « en rouge tu trouveras mon itinéraire pour l´ascension du Mont Triglav ». Là, je commence à baliser car tout est en rouge, tout, comme s´il était passé partout, en haut en bas, à droite, à gauche, à l´Est, à l´Ouest, au Sud et au Nord. Et le tout, me dit-il en 13h. Je me dis ce garçon est un fou furieux de la montagne moi je ne vais pas réussir le tiers! Je fais donc l´impasse sur sa carte. Par contre, à la question comment rendre l´eau potable, Arnaud m´explique que j´ai le choix soit des pastilles soit de faire bouillir l´eau que je trouve ici ou là. Rassurant, le jeune homme me précise aussi que je peux trouver de l´eau dans tous les cimetières ! Charmant, vous en connaissez beaucoup vous des cimetières à 2000 m d´altitude ! Il faut dire que j´ai des amis qui ont le sens de l´humour, Arnaud est de ceux là. Mise à part ça ses recommandations me sont fort utiles et rassurantes car il a l´air de dire que c´est « facile ». Me voilà donc en bas de la montagne à 800 m d´altitude. Je précise que le trek a lieu dans le parc national de Triglav où il est interdit de camper. Je trouve une bergerie où passer la nuit, je fait ma soupe dans l´obscurité et essaye désespérément de trouver le sommeil au milieu des bruits de bestioles (mouches, cafards et autres trucs du genre) qui tournent autour de moi. Je dormirai finalement 2-3h puis prendrai la route à 6h du mat. Là toute contente je marche entre les arbres et le dénivelé est tout à fait correcte. Je suis entourée de grands arbres et à d´autres moments ce sont les falaises qui m´entourent. La montagne est belle le matin à la fraiche. Tout allait donc assez bien jusqu´à ce que je me retrouve face un pan de mur de pierre à escalader. Là, moi j´ai zéro accompagnateur sur qui crier ou à qui donner mon sac à dos de 12 kg. Je n´ai ni corde, ni casque mais juste un bâton trouvé en début de mâtiné. J´en ai donc bavé. La moindre erreur et je voyais ma « jolie » tête explosée entre deux pierres et personne venant ramasser les morceaux tellement l´endroit était désert. Ouah j´étais contente quand au bout d´une heure je retrouvais quelques arbres qui en cas de chute freineraient je l´espérais ma chute ! Bueno, passons que Mimi va flipper et faire un infarct. Pour vous dire, j´étais dans un tel état que j´en venais même à halluciner et penser que les pierres étaient des renards alors que pas du tout, après « mure » réflexion ce n´étaient bien évidement que des pierres. Au bout de 9h de marche, épuisée mais ravie d´apercevoir le refuge j´arrivais au sommet du Mont Planika 2401 m pour être précise. Là ,un charmant italien, avocat de surplus (va savoir pourquoi) m´accueille très gentiment. Je suis enfin arrivée, ma première journée est terminée. Je mange et négocie la nuit gratos au refuge en prétextant ne pas avoir de liquide sur moi et être ok pour dormir dehors. La patronne du refuge très gentille ne me laisse pas dormir dehors et fait faire un lit pour moi en dortoir. C´est qu´en altitude tout coute plus cher et notamment l´eau à 4,40 euros le litre. Tu paye 0,20 € la bouteille et 4,20 € l´hélico. Une heure après moi arrive une australienne, Kirana (qui veut dire lune dans un dialecte de là bas), elle débarque et me gratte mon réchaud et ma recharge de gaz. On parle et il se trouve que Kirana est 7 mois de l´année guide de montagne en Tasmanie. Elle me montre tout son matériel ultra light et m´apprend quelques trucs pour lire une carte, il était temps ! On passe une excellente soirée car c´est une passionnée de montagne. Le lendemain départ vers 7h30, je pensais que la descente serait facile. Je renonce à faire le Mont Triglav dont on me dit que certains passages sont compliqués. Vue l´étape de la veille, je préfère, « humblement » ou « lâchement », renoncer, surtout que je suis seule et que tous ceux qui y vont sont à plusieurs. La descente… plus facile… mon c.. ! Pardonnez moi l´expression. Mon italien m´avait rassuré en me disant que dans les parties compliquées je trouverai une corde à laquelle me tenir. Et, il ajouta qu´à un endroit la corde était cassée mais que ce n´était que sur 5 m. Ok, cela me rassure quand même car la veille y avait zéro corde. Sauf qu´une fois sur place ce n´est pas une corde mais un câble en acier. Et que voir un câble en acier cassé avec sous toi plus de 800 m de chute libre cela te laisse penser que si cette partie a cassé une autre le peut aussi. Ouah… je balise grave mais à trois reprises je passe en free style total (je veux dire par là, que ma technique ne serait surement pas reconnue par la fédération d´escalade) les différents passages de l´horreur. A deux ou trois tu te sens plus en confiance, seule avec un sac à dos de 12 kg tu te sens vulnérable et facilement la peur peut s´emparer de toi. Le tout étant de ne pas la laisser te prendre totalement et d´avancer, avancer toujours tout en étant consciente qu´un faux pas et tu es en bas à la vitesse grand V ! Là encore ouahhhhhhhh, j´en ai bavé. D´autant qu´alors que tu tiens le câble d´une main, une pierre de l´autre au cas où le câble lâche et les yeux plus ou moins ouverts tu as ton sac qui parfois ne te laisse pas libre de tous mouvements et te tire vers le bas. Mais passons à nouveau. Vers 16h30, je trouve un super lac (Lac Ledvica à 1800 m d´altitude) devant lequel ,mes pieds m´exigent de m´arrêter. Un peu de toilette et lessive car l´alpiniste en général pu à la fin de la journée, ou du moins l´alpiniste que je suis « devenue ». Le lac est à certains endroits recouverts de neige et une grenouille ou crapaud s´éclate à marteler les secondes qui passent. Je plante la tente et passe la nuit là, dans ce cadre à la Into the wild. Bon, au moment de l´orage et des éclairs vers 23h, je faisais moins ma belle et ai réalisé l´opération sortie en urgence de la tente et mise en boule. Heureusement à 1h du matin le ciel s´éclaircit et les gros nuages font placent aux étoiles. Là encore, suite à une journée forte en émotions, j´en viens à halluciner et voit des nuages de points rouge autour de chaque étoile ! Et non ce ne sont pas des avions, mystère non éclaircit ! Le lendemain, alors que jusque là la beauté de la montagne se suffisait à elle-même pour rythmer ma marche, je ne résiste pas et écouter sur mon ipod de 6h à 8h du mat la musique d´Eddie Veder. Ah, j´ai oublié de vous dire que la veille j´avais rencontré trois bouquetins qui m´ont suivi de loin pendant l´après-midi et ont passé la nuit à jouer et faire tomber des pierres dans le lac du haut de la montagne. Au matin je les recroise. Par la suite faute d´erreur d´orientation je me retrouve sur la piste que Kirana m´avait déconseillée en me disant « Mary don´t go there it´is triky triky» : deux ou trois heures d´escalade en pente sèche… l´horreur. Mes genoux en tremblent encore. Voilà en « quelques » lignes mon expédition de novice dans les montagnes de Slovénie qui sont superbes. Je recommencerai mais pas tout de suite...
Je reste à Bled quelques jours histoire de me poser et préparer MA sortie en montagne ou « trek » ça la pète plus ! Bon, que je précise la montagne je connais l´hiver au ski mais pour ce qui est de marcher et gravir les montagnes en été je suis une bille, je n´y connais rien, nada, chi. A tel point que mon ignorance est mon principal ennemi. Je dois alors faire appel à Arnaud, un ami boy scout qui sait tout sur la survie. Ce qui est marrant c´est qu´Arnaud a toujours était le petit du groupe mais qu´il est maintenant devenu un homme grand et fort qui a fait en solitaire l´Amérique du Sud. Arnaud me donne donc par e-mails des conseils basiques, m´envoie sa carte avec son itinéraire de fou lors de son passage dans ces montagnes. Sur une carte au 1/50.000 il me dit « en rouge tu trouveras mon itinéraire pour l´ascension du Mont Triglav ». Là, je commence à baliser car tout est en rouge, tout, comme s´il était passé partout, en haut en bas, à droite, à gauche, à l´Est, à l´Ouest, au Sud et au Nord. Et le tout, me dit-il en 13h. Je me dis ce garçon est un fou furieux de la montagne moi je ne vais pas réussir le tiers! Je fais donc l´impasse sur sa carte. Par contre, à la question comment rendre l´eau potable, Arnaud m´explique que j´ai le choix soit des pastilles soit de faire bouillir l´eau que je trouve ici ou là. Rassurant, le jeune homme me précise aussi que je peux trouver de l´eau dans tous les cimetières ! Charmant, vous en connaissez beaucoup vous des cimetières à 2000 m d´altitude ! Il faut dire que j´ai des amis qui ont le sens de l´humour, Arnaud est de ceux là. Mise à part ça ses recommandations me sont fort utiles et rassurantes car il a l´air de dire que c´est « facile ». Me voilà donc en bas de la montagne à 800 m d´altitude. Je précise que le trek a lieu dans le parc national de Triglav où il est interdit de camper. Je trouve une bergerie où passer la nuit, je fait ma soupe dans l´obscurité et essaye désespérément de trouver le sommeil au milieu des bruits de bestioles (mouches, cafards et autres trucs du genre) qui tournent autour de moi. Je dormirai finalement 2-3h puis prendrai la route à 6h du mat. Là toute contente je marche entre les arbres et le dénivelé est tout à fait correcte. Je suis entourée de grands arbres et à d´autres moments ce sont les falaises qui m´entourent. La montagne est belle le matin à la fraiche. Tout allait donc assez bien jusqu´à ce que je me retrouve face un pan de mur de pierre à escalader. Là, moi j´ai zéro accompagnateur sur qui crier ou à qui donner mon sac à dos de 12 kg. Je n´ai ni corde, ni casque mais juste un bâton trouvé en début de mâtiné. J´en ai donc bavé. La moindre erreur et je voyais ma « jolie » tête explosée entre deux pierres et personne venant ramasser les morceaux tellement l´endroit était désert. Ouah j´étais contente quand au bout d´une heure je retrouvais quelques arbres qui en cas de chute freineraient je l´espérais ma chute ! Bueno, passons que Mimi va flipper et faire un infarct. Pour vous dire, j´étais dans un tel état que j´en venais même à halluciner et penser que les pierres étaient des renards alors que pas du tout, après « mure » réflexion ce n´étaient bien évidement que des pierres. Au bout de 9h de marche, épuisée mais ravie d´apercevoir le refuge j´arrivais au sommet du Mont Planika 2401 m pour être précise. Là ,un charmant italien, avocat de surplus (va savoir pourquoi) m´accueille très gentiment. Je suis enfin arrivée, ma première journée est terminée. Je mange et négocie la nuit gratos au refuge en prétextant ne pas avoir de liquide sur moi et être ok pour dormir dehors. La patronne du refuge très gentille ne me laisse pas dormir dehors et fait faire un lit pour moi en dortoir. C´est qu´en altitude tout coute plus cher et notamment l´eau à 4,40 euros le litre. Tu paye 0,20 € la bouteille et 4,20 € l´hélico. Une heure après moi arrive une australienne, Kirana (qui veut dire lune dans un dialecte de là bas), elle débarque et me gratte mon réchaud et ma recharge de gaz. On parle et il se trouve que Kirana est 7 mois de l´année guide de montagne en Tasmanie. Elle me montre tout son matériel ultra light et m´apprend quelques trucs pour lire une carte, il était temps ! On passe une excellente soirée car c´est une passionnée de montagne. Le lendemain départ vers 7h30, je pensais que la descente serait facile. Je renonce à faire le Mont Triglav dont on me dit que certains passages sont compliqués. Vue l´étape de la veille, je préfère, « humblement » ou « lâchement », renoncer, surtout que je suis seule et que tous ceux qui y vont sont à plusieurs. La descente… plus facile… mon c.. ! Pardonnez moi l´expression. Mon italien m´avait rassuré en me disant que dans les parties compliquées je trouverai une corde à laquelle me tenir. Et, il ajouta qu´à un endroit la corde était cassée mais que ce n´était que sur 5 m. Ok, cela me rassure quand même car la veille y avait zéro corde. Sauf qu´une fois sur place ce n´est pas une corde mais un câble en acier. Et que voir un câble en acier cassé avec sous toi plus de 800 m de chute libre cela te laisse penser que si cette partie a cassé une autre le peut aussi. Ouah… je balise grave mais à trois reprises je passe en free style total (je veux dire par là, que ma technique ne serait surement pas reconnue par la fédération d´escalade) les différents passages de l´horreur. A deux ou trois tu te sens plus en confiance, seule avec un sac à dos de 12 kg tu te sens vulnérable et facilement la peur peut s´emparer de toi. Le tout étant de ne pas la laisser te prendre totalement et d´avancer, avancer toujours tout en étant consciente qu´un faux pas et tu es en bas à la vitesse grand V ! Là encore ouahhhhhhhh, j´en ai bavé. D´autant qu´alors que tu tiens le câble d´une main, une pierre de l´autre au cas où le câble lâche et les yeux plus ou moins ouverts tu as ton sac qui parfois ne te laisse pas libre de tous mouvements et te tire vers le bas. Mais passons à nouveau. Vers 16h30, je trouve un super lac (Lac Ledvica à 1800 m d´altitude) devant lequel ,mes pieds m´exigent de m´arrêter. Un peu de toilette et lessive car l´alpiniste en général pu à la fin de la journée, ou du moins l´alpiniste que je suis « devenue ». Le lac est à certains endroits recouverts de neige et une grenouille ou crapaud s´éclate à marteler les secondes qui passent. Je plante la tente et passe la nuit là, dans ce cadre à la Into the wild. Bon, au moment de l´orage et des éclairs vers 23h, je faisais moins ma belle et ai réalisé l´opération sortie en urgence de la tente et mise en boule. Heureusement à 1h du matin le ciel s´éclaircit et les gros nuages font placent aux étoiles. Là encore, suite à une journée forte en émotions, j´en viens à halluciner et voit des nuages de points rouge autour de chaque étoile ! Et non ce ne sont pas des avions, mystère non éclaircit ! Le lendemain, alors que jusque là la beauté de la montagne se suffisait à elle-même pour rythmer ma marche, je ne résiste pas et écouter sur mon ipod de 6h à 8h du mat la musique d´Eddie Veder. Ah, j´ai oublié de vous dire que la veille j´avais rencontré trois bouquetins qui m´ont suivi de loin pendant l´après-midi et ont passé la nuit à jouer et faire tomber des pierres dans le lac du haut de la montagne. Au matin je les recroise. Par la suite faute d´erreur d´orientation je me retrouve sur la piste que Kirana m´avait déconseillée en me disant « Mary don´t go there it´is triky triky» : deux ou trois heures d´escalade en pente sèche… l´horreur. Mes genoux en tremblent encore. Voilà en « quelques » lignes mon expédition de novice dans les montagnes de Slovénie qui sont superbes. Je recommencerai mais pas tout de suite...

Marcherais-tu plus vite que ton blog?
RépondreSupprimerEl Gato Loco
Je prefere tes commentaires sur les villes des pays de l'est....Ambiance "into the wild" garantie pour tes randos...
RépondreSupprimerUn abrazo.
MH
T¡as pas fait la pute! en effet.
RépondreSupprimerune vrai aventurière et courageuse car les petites bêtes et insectes du genre, c'est pas trop ton truc...
Tu es partie en trek sans muleta ni trac à la traque au bouquetin?!
RépondreSupprimerDonc: la rando rend fou.
A moins que... quel type d'herbe pousse-t-il donc sur les rives de ces lacs de montagnes étrangères et forcément étranges (des montagnes où "ça monte toujours même quand on veut descendre", méfie toi)?
El Gato Loco
Super Marie, ta description de ta randonnée! j'arrive bien à t'imaginer avec "le câble d´une main, une pierre de l´autre... le sac qui tire vers le bas". Je ne crois pas que j'aurai pu le faire: pour moi, une heure de descente et j'ai les jambes qui dansent pendant trois heures!
RépondreSupprimerSois prudente!
Bises
LR